Taking over the Beast feat. Izumi Hayate

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☩ La Bête du Xiang ☩

Âge: Je suis à l'aube de mes 200 ans, mais physiquement, j'en ai seulement 27.
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MessageSujet: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Jeu 8 Déc - 19:20


Le 2 octobre 2011 ▬ 3h20
Une ruelle adjacente à l'Hôpital



La faim tiraillait l'estomac vide de Makoto. Voilà qu'il avait dépassé son heure de dîner depuis un bon moment déjà. C'était en partie voulu, car il tentait toujours de repousser ses limites, histoire de se débarrasser de cette fichue addiction au sang. Est-ce que c'était vraiment la façon idéale de ce faire ? Il n'en avait pour ainsi dire aucune idée, mais depuis quelques années, ça lui réussissait plutôt bien. Si ça n'avait pas été de cette fichue incapacité à mordre, comme plusieurs le lui mentionnaient, on aurait jamais eu vent de l'arrivée de la Bête du Xiang à Tôkyô. Or, si vous le lui demandiez, Makoto vous répondrait qu'il n'avait aucune idée qu'on pouvait « apprendre » à mordre... C'était donc assez mal partit pour la subtilité, avouons-le. Néanmoins, ce genre de problème n'effleurait pour le moment pas l'esprit de Makoto, tout occupé qu'il était à chercher une proie à traquer. Mais il était tard et les humains sortant encore à cette heure étaient généralement en bien mauvaise condition... Pas qu'il fit la fine bouche, mais Makoto aurait apprécié se mettre quelque chose de plus consistant sous la dent !

Lorsque venait le temps de se nourrir par extrême nécessité, Makoto ne ressentait plus la culpabilité. Elle lui venait par vagues immenses pendant la journée, alors qu'il devait se terrer dans un abri partiel, priant pour que le toit de s'effondre pas et tournant comme un lion en cage. Non, la vie n'était pas toujours amusante, surtout pour un vampire qui n'avait pas un porte-feuille assez garni pour avoir une petite forteresse dans laquelle il fait bon vivre pendant qu'à l'extérieur, les rayons mortels du soleil heurtent tout ce qui ose y pointer le bout du nez. Aussi profitait-il au maximum de la nuit... ou du moins essayait-il de le faire. Ce n'était pas toujours aisé, comme présentement, alors que la faim se faisait de plus en plus sentir. Makoto avait du mal à penser à autre chose qu'à l'attrait que représentait pour lui le sang. C'est peut-être cette raison ultime qui guida ses pas jusqu'à l'arrondissement de Minato...

Mains dans les poches, petit air blasé sur le visage et capuchon rabattu par-dessus la flopée de longs cheveux ébène garnissant son crâne, Makoto observait l'hôpital de Minato. Il allait vraiment guetter quelqu'un qui sortirait d'ici ? Oui, assurément... Avec un peu de chance, il tomberait sur un membre du personnel médical, ce qui ne pouvait être qu'une bonne idée, même si le fait qu'ils travaillent toute la journée avec des microbes un peu partout dans l'air n'était guère reluisante. Mais pour ce soir, ça ferait l'affaire. N'allez pas croire qu'un médecin est nécessairement en bonne santé, d'ailleurs. C'est souvent les cordonniers les plus mal chaussés... Comme quoi, on ne peut juger au premier coup d'oeil qui que ce soit. Pas même lui, tiens... Ça servirait à plusieurs éblouis du cerveau de noter ça ! Il en avait marre des idiots qui murmuraient, sur son passage, ce surnom qu'il détestait tant. La Bête du Xiang... Il n'était pas une Bête. Il avait encore une conscience, une intelligence autre que bestiale. Et ils l'insultaient...

Mais soudainement, Makoto sort vivement ses mains de ses poches, cessant de suivre le fil de ses pensées pour fixer son regard sombre aux lueurs légèrement rougeâtres de la faim sur une jolie petite silhouette un peu plus loin. Lentement, le vampire glisse sa langue contre ses lèvres, ne pouvait s'empêcher de regretter néanmoins le doux mouvement de balancier de ces hanches-là. Ce sera triste de ne pas pouvoir les admirer à nouveau... mais il avait drôlement faim, aussi peu importait les récriminations pour le moment ! Ses muscles se tendent, il montre les crocs même s'il est encore trop loin de l'autre pour se faire voir. C'est l'instinct... Et il revient en vagues affolantes alors qu'il a presque l'impression de sentir l'odeur du sang de cette jeune personne. « Presque », car contrairement aux vampires de son âge, Makoto a du mal à percevoir les battements d'une jugulaire ou l'odeur d'un humain. Pourquoi ? Il n'en savait rien... Mais s'en fichait éperdument présentement !

Ça ne prend que quelques secondes à la Bête pour fondre sur ce qui s'avère être un jeune homme. Ce dernier est projeté dans une ruelle adjacente avant que Makoto ne le plaque sans grande douceur contre un mur, tous crocs sortis, un air de pur désir peint sur le visage. Jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que son regard rencontre celui effrayé du jeune homme en question. Une lueur de compréhension glisse dans le regard de la Bête et tout affamé soit-elle, elle ne peut se résigner à s'attirer davantage d'ennuis qu'elle ne semble déjà en avoir. Makoto recule d'un bond, grognant en direction de cet individu qui, décidément, lui apportait son lot d'irritation sans même le vouloir. Comment se faisait-il que ce garçon se trouvât constamment sur son chemin ?! Il n'y avait probablement pas meilleur lauréat pour celui qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment... C'était chiant au possible !!

MAKOTO Qu'est-ce que tu fous là, toi ?!

Makoto tourne un peu en rond devant le jeune homme, grondant férocement, indigné. Il fait l'effet d'un loup un peu confus qui ne saurait trop où donner de la tête soudainement... Et c'est exactement ce qu'il est ! Il avait faim. Tellement faim qu'il ne voyait que le potentiel qu'avait ce garçon comme dîner de choix. Mais c'était impossible de lui toucher... Il avait déjà un vampire. Makoto ne savait trop comment on faisait pour s'approprier un humain et, surtout, pour qu'il ne se rebelle pas ou ne se sauve pas, mais visiblement, certains d'entre eux étaient un peu maso. Oui, c'est tout à fait ce que la Bête pensait d'Hayate, dont il ne connaissait pas encore le prénom. Mais, c'est surtout que Makoto n'avait aucune idée de ce qu'était réellement un calice... ni même le nom qu'ils portaient !

Quoi qu'il en soit, ça ne changeait rien du tout à l'irritation de Makoto. Au contraire... Il se tourne finalement vers le jeune homme, observant son beau visage, glissant à nouveau sa langue tout contre ses lèvres.

MAKOTO Dis-moi... Ton maître se porte bien ?

Un rire un brin lugubre franchit le seuil des lèvres de Makoto alors qu'il fait un nouveau pas vers Hayate, jouant peut-être un peu avec le feu. Il glisse ses mains sur les poignets du jeune homme, une lueur d'envie toute vampirique brillant dans son regard rougeâtre.

MAKOTO Tu as un doux parfum. Suave, chaud... Je te libérerais bien si je n'avais ni conscience, ni foi...

Mais il en avait. Et finalement, dans un nouveau grondement, Makoto relâche le jeune homme, faisant un pas vers l'arrière.

MAKOTO C'est irritant au possible de te croiser sans cesse ! Tu choisis bien mal tes escapades nocturnes !

Et comment...


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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Sam 10 Déc - 11:57


L'hôpital, je déteste cet endroit. C'est terrifiant, lugubre et pas accueillant pour un sou. Je n'aime pas y entrer, sentir cette odeur des médicaments et des produits, voir les médecins et les infirmières courir dans tous les sens de patients en patients. Mais je crois que ce dont j'ai le plus peur, ce serait de me faire opérer ; même par le meilleur des chirurgiens, je pense mourir avant de passer au bloc... Ça me fait vraiment peur, mais je me dis que mon tour d'être dans un de ces lits peu confortables viendra sûrement plus rapidement que ce que je crois.
Après tout, je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui aime ça, les hôpitaux... L'ambiance y est mortelle, m'enfin, lorsque l'on a pas le choix, faut y aller plutôt que de ne pas se relever d'un quelconque problème.
Ce jour-là, je devais m'y rendre justement, mais ce n'était pas pour moi. J'allais rendre visite à ma grand-mère maternelle qui était malade, en fin de vie. A chacune de mes visites ça me brisait le cœur de la voir si faible. Allongée dans son lit, son cœur relié à une machine dont j'ignore le nom, des doses de morphine incroyables circulant dans ses veines pour atténuer la douleur... Je priais pour qu'elle s'en aille vite, rejoindre son mari là-haut, elle ne méritait pas de souffrir ainsi. J'espérais secrètement que mes prières portent leur fruit ; je l'avais connu si forte, toujours à bouger, marcher, faire ses courses, une femme dynamique et qui profitait de la vie. Mais, un jour, sans prévenir, ce cancer vint l'assommer. Je me souviens qu'elle a toutefois réussi à se battre malgré sa force qui s'affaiblissait, elle faisait tout son possible pour vivre malgré cela. Je l'admire énormément, je me demande vraiment où elle a été chercher tant de volonté et de courage. J'aimerais beaucoup lui ressembler, mais j'ai l'impression de n'être qu'un idiot en comparaison à cette grande dame. Elle méritait désormais de s'assoupir, de fermer les paupières de se reposer à jamais.
Ces branchements dans ses bras, j'avais envie de les retirer, de me pencher et de murmurer à l'oreille de ma grand-mère que ça y est, c'est terminé, qu'elle ne va plus avoir mal comme ça. La libérer, en quelque sorte. Mais, n'étant pas capable de me libérer moi-même de l'emprise qu'a mon Maître sur moi, je ne suis pas le meilleur placé pour parler de cette notion de liberté ; et j'en ai extrêmement honte.
Je tirai une chaise et m'assis en tenant la main de cette vieille dame dans la mienne. Son visage semblait si serein... Je savais très bien que c'était grâce aux médicaments qui coulaient dans les fils reliés à son bras. Je souris doucement, comme si je voulais la rassurer, lui dire que tout se passerait bien, mais en réalité, je tentais bien plus de me rassurer moi-même.
Je me mis à monologuer, je racontai ce que devenait mes parents, leur métier, et je lui parlai de moi aussi. Je me confiai un peu à elle, j'avais le cœur gros en ce moment. Je voulais, non, j'avais besoin de quelque chose, mais j'ignorais ce que ça pouvait être. Ça m'agaçait. Et puis, je lui dis également que mon Maître avait changé, elle ne pouvait pas l'avoir connu aussi désagréable. En fait, je crois que c'est ça qui me manque : cette relation presque fusionnelle que l'on a eu, ces instants de tendresse dont j'eus droit des mois plus tôt ; c'était un tout et un tout qui me faisait à la fois mal et peur. Comment dois-je réagir face à ce manque ? Ai-je la permission de chercher un substitut ? Je n'en sais rien.
Ma grand-mère respirait fort, je n'avais pas réellement l'impression qu'elle était encore consciente du monde qui l'entourait. Je soupirai doucement et posai ma tête sur son lit. Je tenais toujours sa main dans la mienne, je ne voulais pas encore la quitter. Elle a été une personne importante dans ma vie. Je fermai les yeux et reniflai, ravalant des larmes qui me montaient. Un bâillement faillit m'arracher la mâchoire...

Je me réveillai en sursaut ; une infirmière venait de me secouer en me demandant de partir. Déboussolé, je sortis de la chambre, déambulai dans les couloirs pour finalement parvenir à la sortie.
Une fois à l'extérieur, je remarquai qu'il faisait bien nuit. Je m'étais endormi... Une fois encore, je bâillai puis me frottai les yeux, je devais rentrer chez moi le coucher, ce serait bien plus prudent que de demeurer à gambader dans les rues sombres de cette nuit d'octobre. Je zippai ma veste, enfonçai mes mains dans mes poches puis m'enfonçai dans les ténèbres qui ne tardèrent pas à m'envelopper.
Je ne faisais vraiment pas le fier, j'accélérai le pas, les yeux fixés sur le sol qui défilait plutôt rapidement. Il fallait que j'avance encore un peu plus vite, se balader la nuit avec tout ce qui se passe dans les alentours n'est pas une brillante idée. Les temps ne sont plus sécurisé, je le sais, et pourtant...

Tout à coup, et très rapidement, je me retrouvai totalement propulsé, éjecté, dans une ruelle. Mon dos cogna contre le mur, je laissai échapper un cri rauque à la fois de surprise et de douleur. Mais cette douleur n'était en rien comparable à la peur qui m'envahit lorsque je remarquai que je me faisais attaquer par un vampire. Je pouvais voir ses crocs qui brillaient presque avec la faible lumière de la lune, et aussi le désir qui s'étendait sur le visage de cette créature de de la nuit. Il avait faim et j'étais complètement tétanisé sur place, je ne pouvais pas bouger tant la peur me collait au sol.

Makoto ▬ Qu'est-ce que tu fous là, toi ?!

Il m'avait lâché, et il tournait désormais en rond devant moi, un peu comme un lion en cage incapable de se délecter de sa proie, en l’occurrence, c'était moi la fameuse proie.
Je déglutis difficilement, mon coeur tapait encore très fortement dans ma poitrine et j'eus peur que le vampire ne s'en rende compte. Je devais me calmer et relativiser, car même si j'aurais pu mourir de peur, il ne m'avait pas touché. Il ne pouvait pas le faire. Mais je ne sais toujours pas si j'aurais pu être heureux de cela.
Je trouvai le courage de répondre à sa question :

« Je... j'ai rendu visite à ma grand-mère... »


Elle est souffrante, mais je ne sais pas, je n'arrive pas, à l'aider...
Lorsqu'il se rapprocha de moi en posant une nouvelle question, je fus surpris de cette dernière. Pourquoi disait-il cela ? Avait-il une quelque chose derrière la tête ? Une quelconque idée ?
Ses mains attrapèrent mes poignets, je tremblai légèrement et en ajout à son regard terrifiant, il ajouta une phrase qui me laissai perplexe...
Il m'intimidait, mais je ne devais pas le lui montrer. Mon Maître me l'a enseigné ; quand un vampire m'accoste, je ne dois pas lui communiquer ma peur, faire comprendre qu'il ne peut pas "m'avoir"... mais, sans mentir, c'est plus facile à dire qu'à mettre en pratique.
Je me décollai progressivement du mur pour faire trois pas hésitants en avant. Je levai les yeux vers cette créature vampire.

« Mon Maître se fait vieux, mais merci de t'inquiéter pour lui. Et je ne choisis pas mal mes escapades nocturnes, c'est toi qui choisis mal tes victimes, Monsieur le Vampire... »


J'esquissai un léger sourire, peu convaincu par ce que je venais de dire. Par précaution, je reculai un peu et me tassai dans ma veste pas bien chaude. Je tirai sur mes manches, déjà dix fois trop grandes, pour y cacher mes mains et tenter de les réchauffer.
La malchance ? C'est quelque chose qui me suit depuis ma naissance dirait-on. J'ai le don de faire de mauvaises rencontres aux mauvais endroits aux mauvais moments et de m'attirer de nombreux ennuis...

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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Mer 28 Déc - 23:59


HAYATE Je... j'ai rendu visite à ma grand-mère...
MAKOTO C'est une blague... ?

Oui bon, Makoto avait parfaitement conscience que c'était là une raison valable d'aller à l'hôpital. Ce garçon lui semblait, à première vue, en bonne forme physique et de fait, il n'avait pas trop d'intérêt à se traîner là à une telle heure. Encore, s'il faisait jour, il aurait compris, mais là... On a pas rendez-vous avec un médecin à une telle heure, de nos jours ! Néanmoins, ça faisait très cliché et Makoto se faisait l'impression de sortir d'un mauvais feuilleton télévisé. D'ailleurs, il fait un petit la grimace tout en grognant quelques insultes en chinois dans sa barbe. On ne la lui ferait pas une troisième fois, celle-là... Ça faisait deux fois qu'il tombait sur ce garçon appétissant pendant ses chasses et à chaque fois, cette marque sur son cou le rendait complètement fou de rage !

Ainsi, il ne le touche plus, mais ce n'est pas l'envie qui manque. La langue du vampire se glisse tout contre ses lèvres minces alors que son regard s'attarde au creux du cou de celui qui aurait pu être sa victime pour la nuit. Et ce petit idiot... fait quelques pas vers lui, ravalant visiblement sa peur ! Makoto gronde tout en se penchant vers l'humain, montrant les crocs pour lui prouver que ça n'avait rien enlevé à son envie de le bouffer ! Se croyait-il vraiment aussi facilement sortit d'affaire ?

HAYATE Mon Maître se fait vieux, mais merci de t'inquiéter pour lui. Et je ne choisis pas mal mes escapades nocturnes, c'est toi qui choisis mal tes victimes, Monsieur le Vampire...

Monsieur le vampire, rien que ça... Au moins, ça changeait de la Bête du Xiang, mais Makoto ne peut que soulever un sourcil perplexe devant cette appellation étrangement... vieillotte. Elle donnait à ce jeune homme l'air d'être encore plus jeune que ses maigres années le lui donnaient déjà. Et cette expression qui s'affiche sur le visage emprunt d'une certaine douceur alors qu'il recule à nouveau... Makoto pousse un petit soupir, réalisant que s'il n'avait pas mordu le garçon sur le champ, il ne pourrait plus jamais le faire de toute façon. Certes, ça ne cadrait que trop mal avec le personnage, mais le grand vampire s'était fait avoir... Il était « attendrit ». Très excédé de l'être et donc, ne le montrant pas, mais attendrit tout de même. Et ça le fait à nouveau jurer en xiang alors qu'il fait quelques pas sur le côté, ne sachant visiblement plus trop où se mettre. Il avait FAIM.

Mais sincèrement, est-ce que ce gamin croyait qu'il n'était pas un « bon » vampire ?! Merci, mais il n'avait pas non plus un radar pour détecter les calices à dix mètres à la ronde... Makoto soupire, croisant les bras sur son torse, son regard se détendant néanmoins. Il allait trouver une autre proie...

MAKOTO « Monsieur le vampire »... et puis quoi encore ? Appelle-moi Makoto, ce serait amplement suffisant ! Ça te donne l'allure d'un bambin...

Le vampire humecte à nouveau ses lèvres de sa langue avant de glisser celle-ci contre ses crocs. Peut-être n'était-il pas encore affamé, mais ça allait suivre. Et il commençait à collectionner les rencontres de ce genre, ce qui n'était pas une bonne idée pour les affaires... Mais en même temps, ce n'est pas comme s'il avait autre chose à foutre de sa nuit, merci bien ! Mis à part rôder ou aller boire un verre en quelque part, Makoto ne faisait pas grand chose de ses soirées... Sauf là. Et là, il n'était pas sûr que ça lui fasse plaisir, bien que la compagnie eût pu être bien pire que ça.

Makoto fini par prendre ses distances, allant néanmoins se poser à l'entrée de la ruelle, empêchant le garçon de se sauver.

MAKOTO Je ne m'inquiète pas pour ton maître et en fait, il me ferait bien davantage plaisir s'il pouvait se volatiliser dans l'hyperespace, histoire que je te goûte enfin... Tu sais que je pourrais même faire fi de lui ? Qui saurait que c'est moi qui t'ai dévoré ?

Il parlait dans le vent pour deux raisons, dont une évoquée un peu plus tôt. Maintenant qu'il avait parlé à ce garçon, il ne pouvait plus boire à même ses veines, c'est clair. Surtout vu ce qui se passait avec ses victimes. Et c'était là le second point important. Makoto ne savait pas comment les vampires faisaient pour mordre de cette façon impeccable que portait à présent le jeune homme sur son cou. Lui, il arrachait tout sur son passage... On reconnaîtrait là facilement sa marque. Makoto n'avait pas envie de voir son sort plus rapidement conclut à cause de ses mauvaises manières. Ce serait insultant et, surtout, inutile... Il y avait plein de poissons dans la mer, alors pourquoi pas en pêcher un autre. Oui, sauf que ça commençait à être frustrant, là !

Le grand vampire prend une petite inspiration avant de pousser le soupir qui l'accompagne inévitablement, levant les yeux vers le ciel pollué et obscur de Tôkyô.

MAKOTO Qui est ton maître ? Il est bien vieux ?

Puis, après un moment de silence, Makoto conclut seulement par :

MAKOTO Les garçons comme toi ne devraient pas sortir la nuit. Tu sais ce qui se tapis dans l'ombre. Cette marque sur ton cou ne te sera un jour d'aucun secours.

Des menaces ? En quelque sorte... Et Makoto n'en éprouvait guère de culpabilité.


_________________


La nuit va se briser sous mes yeux...

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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Mer 11 Jan - 20:17


Une blague ? Non, pas vraiment et puis même si ç'en avait été une, elle n'avait absolument rien d'amusante. En quoi rendre visite à son grand-parent malade pouvait être drôle ? Je l'ignorai vraiment, ou bien ne saisissais-je pas tout à fait son humour étrange...
Ce vampire me faisait réellement peur, c'était comme si j'étais totalement absorbé par son visage et ses crocs terribles qu'il ne cessait pas de mettre en avant. Je ne devais pas le regarder comme ça, ça me gênait assez en fait, mais ça relevait bien d'une certaine fascination que j'avais pour ses canines pointues. Elles paraissaient même plus taillées que celles que mon Maître plantaient régulièrement dans mon cou, celles-ci devaient faire sans doute davantage mal...
Je ne retins pas un frisson qui me parcourut tout entier et je baissai rapidement les yeux, fixant le sol sous mes pieds. J'entendis alors le prénom de cette créature de la nuit, Makoto, il s'appelait donc ainsi, je trouvais cela bien plus beau que cette appellation de « Monsieur le Vampire » que je venais de lui donner.
A mon tour, je voulais me présenter, mais lorsque j'ouvris la bouche pour le déclarer, il parla avant moi et ses paroles eurent pour effet immédiat de me stopper net dans ma lancée. Il n'allait tout de même pas faire « ça » ? Il aurait des problèmes s'il s'en prenait à moi, s'il s'en prenait même tout court au calice d'un autre... Mais il était vrai que je tentais tant bien que mal de me rassurer en me disant qu'il ne me toucherait pas.
J'étais assez terrorisé par cet homme à l'allure imposante, en réalité, j'étais un peu perdu : je souhaitait m'enfuir loin de lui (bien que j'en fusse incapable) et rester ici, me questionnant beaucoup s'il connaissait des choses à mon sujet... Mais apparemment pas tant que ça, car je l'entendis me demander qui était mon Maître.
Ce fut à cette interrogation que je relevai le visage et remarquai qu'il était parti un peu plus loin, à l'entrée de la ruelle. L'idée de la fuite s'évapora tout à coup étrangement vite de mon esprit. Il avait dit qu'il ne me ferait rien et j'étais bien conscient que cette marque dans mon cou ne me protègerait pas indéfiniment, mais je n'avais pas énormément confiance non plus.
De nouveau la tête basse, je levai mon bras pour venir déposer ma main froide sur son cou. Mes doigts effleuraient cette marque, ce signe d'appartenance et un léger soupir s'échappa de ma bouche.
Devais-je décliner l'identité de mon Maître ? En avais-je le droit ? Peut-être l'avait-il déjà croisé durant les nombreuses années de vie qu'il tenait dans ses mains... Mon Maître ne m'avait jamais parlé de ça, je devais me débrouiller un peu tout seul maintenant.
Toutefois, je décidai d'abord de me présenter moi.

« Je m'appelle Hayate... »


Je ne savais pas s'il avait entendu, je ne l'avais pas énoncé avec énormément de conviction. En fait, la peur me cloué un peu sur place, dans tous les sens du terme. Mais je dégotai cependant quelque chose comme une certaine forme de courage pour reprendre la parole et ajouter :

« S'il vous plaît, vous ne me ferez pas de mal, hein ? »


Quelques minutes plus tôt je l'avais tutoyé, désormais je le vouvoyais, c'était plus poli et respectueux envers une personne que je ne connaissais pas vraiment. Et puis, même si je me trouvais un peu idiot de lui avoir demandé de ne rien me faire, je n'aurais pas su quoi lui dire d'autre...
Quant au nom de mon Maître, j'hésitais à le lui révéler, de peur de mal faire et d'avoir ensuite des remontrances. Il était vieux, oui et parfois même un peu aigri sur les bords.

« Mon Maître... commençai-je en triturant nerveusement les manches de ma veste, il aime le bois. Il est ébéniste, c'est beau ce qu'il fait... »


J'en étais très admiratif, c'était certain, il était un peu mon modèle, même si j'aurais aimé qu'il passât moins de temps à créer des objets à n'en plus terminer pour être davantage avec moi, comme auparavant, comme « au bon vieux temps ».
Je me demandais même parfois si ce n'était pas de ma faute s'il se désintéressait autant de ma petite personne... Étais-je devenu trop âgé pour lui ? Pourquoi ne m'aimait-il plus comme au début ? Notre relation avait tellement évolué... Ça me faisait souffrir d'y penser de temps à autre et je me trouvais ridicule également de croire en quelque chose. Dans cette situation aussi, j'étais un peu perdu, partagé entre une liberté jamais trop connue qui m'attirait vers elle et cette relation passée que j'espérais encore retrouver.
Une petite moue triste s'inscrivit sur mon visage et je me dis que je penserais à tout ça un peu plus tard, dans l'immédiat, je devais me sortir de cette ruelle peu accueillant et guère très rassurante.

« Dîtes Makoto, vous avez déjà eu un calice ? »


Mes yeux s'élargirent sous cette question et un sourire remplaça mon visage un peu triste. S'il en avait eu un, j'étais curieux de connaître quels furent ses échanges avec lui. Peut-être la relation fut-elle différente de celle que j'avais connu et que je vivais encore.
En attendant sa réponse, je portai mes mains contre ma bouche et soufflai un peu dessus pour les réchauffer, j'aurais dû penser à prendre une veste plus chaude.


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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Dim 22 Jan - 6:16


Les doigts fins -presque délicats, semble-t-il à Makoto- du petit humain se glissent presque instinctivement à la cicatrice que porte son cou alors que le vampire lui parle de son maître. Celui-ci a d'ailleurs un petit sourire railleur. C'était... pitoyable. Il ne savait trop comment on faisait pour rester accroché ainsi à un vampire, mais il fallait détester la vie, pas vrai ? Se faire mordre à tous les soirs... Donner de son sang sûrement sans retour. Y avait-il vraiment une raison pour qu'un humain accepte ce genre de châtiment sans jamais songer à s'enfuir un jour ou l'autre ? Makoto ne comprenait pas ça... Mais en même temps, il ne pouvait tout bonnement pas comprendre, les notions de calice et de maître lui échappant complètement. Il n'était absolument pas au courant que cette pratique rendait l'humain complètement accroc à la morsure de son vampire. Qu'il pouvait en mourir s'il décidait soudainement de s'éloigner pour ne plus avoir à la subir... Et Makoto savait encore moins qu'une morsure faite dans les règles de l'art pouvait conduire à un orgasme saisissant. Toutes ces notions lui échappaient de manière à ce qu'au final, Hayate lui apparaisse comme un phénomène de foire.

Oui, Hayate... car c'est le prénom que la petite chose délicate venait tout juste de lui donner. Un joli prénom, doux à l'oreille et à la prononciation qui se mariait bien avec ce visage encore poupin, bien que les lèvres en soit presque insolentes tant elles étaient pulpeuses. Hayate... Lentement, Makoto le répète, très lentement, l'imprimant correctement, y mettant de la longueur tout en plongeant son regard charbonneux dans celui de la petite créature terrorisée. Hayate...

HAYATE S'il vous plaît, vous ne me ferez pas de mal, hein ?

Un rire un brin canin franchit le seuil des lèvres généreuses de Makoto. Bien sûr, qu'il ne lui ferait pas mal. Il avait déjà bien assez d'ennemis en ville ainsi... Mais, pas question de le laisser supposer en premier lieu à Hayate. Il lui ferait assez peur pour ensuite faire un échange en bonne et dût forme... Sa « liberté » contre sa parole. Makoto préférait encore que le maître en question ne sût pas qu'il avait un peu trop tourné autour de sa précieuse petite chose ! S'il pouvait acheter qu'Hayate tienne sa langue avec la peur du jeune homme, alors il n'allait pas se priver... Makoto n'était pas un homme mauvais sur le papier, mais avait néanmoins développé de puissants instincts de survie et celui-ci en faisait parti.

HAYATE Mon Maître... il aime le bois. Il est ébéniste, c'est beau ce qu'il fait...
MAKOTO Je m'en fiche.

Le ton aurait pu être froid et pourtant, il ne l'est absolument pas, cette fois. Néanmoins, Makoto ne comptait pas mentir à Hayate. Vrai qu'il s'en fichait comme de l'an quarante de ce que son maître savait faire de ses dix doigts. Lui aurait aimé avoir son nom... Quant au reste, il n'en avait que faire. Makoto s'intéressait davantage à l'appétissante petite chose qui se traînait tant bien que mal devant lui, tentant vraisemblablement de faire la conversation pour éviter de finir en rôti du dimanche.

HAYATE Dîtes Makoto, vous avez déjà eu un calice ?

La question a au moins le mérite de surprendre le vampire, qui arque un moment les sourcils. Il n'est pas sans noter son prénom qui prît brièvement forme entre les lèvres généreuses du jeune humain... et de fait, son visage s'adoucit légèrement. Makoto... Il l'avait appelé Makoto. Ça avait une importance capitale pour celui qui n'entendait que des « Bête du Xiang » par-ci et par-là pour le désigner. Ces gens immondes qui ne voulaient utiliser son prénom, le répudiant au rang de bête, de charognard... Ainsi, sans le savoir, Hayate venait de s'attirer les bons sentiments de la Bête. Et même que lentement, un bref sourire glisse sur les lèvres du métis, bien qu'il soit toujours dans le chemin pour sortir de cette ruelle sans issue.

Un calice... Quelle drôle de question ! Lui qui ne savait pas vraiment ce qu'était un calice, voilà qu'il se faisait demander s'il en possédait un ! Lentement, l'homme secoue la tête de gauche à droite, confiant en cette réponse même s'il connaissait probablement plus mal le sujet que le jeune homme se tenant devant lui. Et finalement, après un court moment de silence, Makoto assure avec un peu plus de chaleur dans la voix :

MAKOTO Je me sentirais mal de posséder quelqu'un. Ce n'est pas bien au sens moral du terme... L'esclavage a été aboli depuis longtemps ; ce n'est pas pour rien.

Puis, puisqu'ils en étaient visiblement aux questions, Makoto décide d'en poser une à ce fort singulier personnage.

MAKOTO Ne vis-tu pas mal cet esclavage, pour ta part ? Tu es si jeune... Tu pourrais avoir la vie devant toi. C'est un peu triste, il me semble. Pourquoi ne pars-tu pas tout simplement ?

Puis, sans laisser tout d'abord le temps à Hayate de répondre, Makoto réitère sa question précédente, cette fois plus précisément histoire qu'il ne puisse pas passer à côté.

MAKOTO Quel est le nom de ton maître ?

C'était assez clair, maintenant ? Il était curieux... Il voulait savoir si jamais un jour il devait se méfier de ce vampire parce qu'il avait approché de trop proche son calice !


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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Dim 29 Jan - 12:18


Lorsque j'entendis le rire de mon interlocuteur, je ne retins pas de rentrer ma tête dans mes épaules. Cela signifiait légèrement que je ne sentais rien de bon arriver. A vrai dire, j'étais un peu sceptique...

Et puis Makoto s'en fichait royalement du métier de mon Maître. En même temps, il avait voulu que je lui donne un nom, à la place j'avais évité plus ou moins ouvertement sa question. Je ne savais pas si je pouvais lui dire comme ça, de but en blanc. J'attirerai peut-être des ennuis à mon Maître... et c'était bien l'une des dernières choses que je pouvais et que je souhaitais faire.

Je demeurai tranquille, sans bouger, l'écoutant simplement répondre à ma question à propos des calices. Après tout, pourquoi n'aurait-il pas un calice ? A cause de la soi-disant forme d'esclavage qu'il trouvait que cette situation représentait ? Pour moi, je n'étais pas du tout un esclave, la plupart des personnes de ma famille ont du servir ce même Maître, mais dans un sens, je trouve ça tout à fait normal...

A bien y songer, la créature de la nuit face à moi avait probablement raison. De l'esclavage... Ce mot était toutefois un peu trop fort à mon goût, mais ça définissait, au final, quand même bien l'homme que j'étais. Mais cet esclavage n'avait rien de mauvais, de mon point de vue au moins.

Mon Maître se montrait tellement attentionné, si chaleureux, compréhensif et aimant que je ne voyais rien de mal dans tout ça. J'adorais passer du temps avec lui, lui raconter tout et n'importe quoi, mais surtout être avec lui, contre lui. Et, au fond, lui donner chaque jour un peu de mon sang ne me dérangeait pas plus que ça.

J'eus tout à coup un léger frisson en pensant à cette morsure sur mon coup. Quand il plantait ses crocs, ça me surprenait toujours et pourtant voilà des années que j'étais son calice. Il me faisait toujours peur, mais c'était une bonne peur, une peur qui me rassurait et me réconfortait.

Il me donnait quelque chose alors en retour il méritait bien de recevoir quelque chose également. Pour moi, il n'y avait aucun esclavage là-dedans. En fait, c'était peut-être plus loin que ça ; j'étais dépendant de ce vampire, de mon Maître.

Je reportais mon regard vers Makoto. Pourquoi je ne partais pas ?...

« Je peux pas... partir. Vous savez, il a autant besoin de moi que moi j'ai besoin de lui. »

Je tirai encore un peu plus sur les manches de ma veste, mal à l'aise de parler de cette relation que j'avais. Je n'appréciais pas vraiment d'expliquer ce que je ressentais ; car en vérité, lorsque j'y songeais, mes sentiments étaient confus.

Le nom de mon Maître ? Décidément, ce vampire ne renoncerait pas avant de l'avoir. Après tout, mon Maître était assez fort pour pouvoir se défendre si jamais mon interlocuteur souhaitait s'en prendre à lui, non ? Il s'affaiblissait peu à peu, mais je savais qu'il possédait encore de grandes ressources enfouies au plus profond de son âme.

Je soupirai doucement puis parlai de nouveau.

« Kimura... Kimura Masahiro, déclarai-je timidement, mais... je vous en prie Makoto, ne lui faites rien ! »

Je me sentais réellement ridicule de lui demander une nouvelle fois de ne faire aucun mal à quelqu'un... Je me trouvais moi-même pathétique mais en même temps, mon Maître était la personne qui comptait le plus pour moi dans ma vie ; il était donc normal que je veuille le protéger même si bien des fois je possédais cette envie répugnante de me défaire de lui...

C'était ça en fait, j'ignorais complètement ce que je voulais. D'un côté je ne souhaitais pour rien au monde le perde car j'en mourrais, mais d'un autre, quelque chose m'attirait, quelque chose qui s'appelait la liberté.

Je relevai le visage vers Makoto, toujours posté à l'entrée de cette ruelle à cul-de-sac. Me laisserait-il repartir ? La nuit s'était installée depuis plusieurs heures déjà et je sentais le froid me glacer de plus en plus les veines.


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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Mer 8 Fév - 2:38


La nervosité d'Hayate était palpable, bien que Makoto ne se pose plus autant comme un prédateur en face de sa proie. Disons que présentement, il échangeait tout en gardant ses sens tournés vers l'extérieur, au cas où une victime intéressante se présentait dans les parages. Il avait faim, même s'il n'était pas encore à un moment crucial de sa nuit. Disons qu'il préférait ne pas pousser le bouchon trop loin... Lorsqu'il était en manque, il ne réussissait parfois pas à contrôler la bête en lui, ayant besoin de tuer encore et encore pour s'abreuver plus que de raison. Ça lui faisait peur... ainsi tentait-il de ne pas laisser filer « l'heure du boire ». Dis ainsi, c'était véritablement ridicule, mais Makoto se comprenait fort bien...

Or, les rues ici semblaient désertes. Ils n'étaient pas non plus dans une des ruelles les plus recommandables, du coup c'était un peu normal. Et probablement que la nervosité d'Hayate résidait en partie là. Néanmoins, la conversation était intéressante présentement selon Makoto et le vampire espérait fortement que le jeune homme allait se détendre un peu, histoire de mieux en profiter... Pour lui, bien sûr. Car, il aurait préféré un peu moins de réserve pour trouver réponse plus clairement à ses questions ! Et en même temps, peut-être que ça aurait été moins intéressant si étonnamment, le petit calice s'était trouvé rapidement confortable en compagnie de lui.

HAYATE Je peux pas... partir. Vous savez, il a autant besoin de moi que moi j'ai besoin de lui.

Hm... Makoto a un petit regard vers la gauche avant de venir s'asseoir sur une poubelle retournée, histoire d'être posé un peu plus confortablement. Il n'avait pas l'intention de partir immédiatement, tout compte fait. Disons que ce que Hayate venait tout juste de lui dire l'étonnait grandement... et soudainement, il avait mille et unes questions en tête, tant et si bien qu'il n'aurait pas su par où commencer. Pourquoi est-ce que Hayate se sentait si près de son maître ? Partir était simple... à moins qu'il ait peur que le vampire le retrouve ? C'était probablement ça... Un genre de contrôle par la peur, comme les religions savaient si bien l'exercer, certaines plus que d'autres, sans vouloir les nommer pour autant.

Et enfin, Hayate crache le morceau comme s'il venait de signer l'arrêt de mort de son maître.

HAYATE Kimura... Kimura Masahiro, mais... je vous en prie Makoto, ne lui faites rien !

Makoto lève les yeux au ciel. Il avait clairement assez d'ennuis comme ça sans les chercher davantage ! Il n'avait jamais été assez courageux -ou téméraire ?- pour prendre qui que ce soit en chasse et ce n'est assurément pas aujourd'hui que ça commencerait. Généralement, il était celui qu'on voulait tuer, bien que peu connaissaient réellement ses traits, ce qui lui convenait parfaitement. Néanmoins, avec les nombreuses rencontres qu'il faisait depuis quelques jours à Tôkyô, il était clair qu'il n'allait pas rester anonyme très longtemps, malheureusement...

Makoto pousse un long soupir, observant un moment le ciel d'encre de Tôkyô départit de ses étoiles, camouflées par la pollution lumineuse. La campagne lui manquait clairement, parfois. De son vivant, il la détestait... mais maintenant, c'était différent. Il avait parfois besoin d'un calme et d'une plénitude que seule la campagne pouvait lui apporter. Puis, le vampire en revient à Hayate, posant son regard d'encre sur le petit homme.

MAKOTO Arrête de t'énerver pour rien... Je n'ai pas de temps à perdre à rechercher ce vampire. Pour quoi faire ? T'arracher à lui ? Excuse-moi, mais tu n'es pas assez intéressant pour ça...

Et ce n'était pas dit méchamment même si la façon directe dont il avait prononcé ces mots, sans hésiter, pouvait être mal prise. Disons seulement que des proies, il y en avait des milliers d'autres seulement dans ce quartier, alors... Il n'avait assurément pas besoin de traquer un vampire pour lui arracher son calice ! Cependant, ses questions, Makoto les a toujours en tête et tout en prenant un air songeur, il fini par s'assurer :

MAKOTO Ton maître est-il effrayant ? Te menace-t-il pour que tu restes ? Je ne comprend pas du tout comment ça se fait que tu ne puisses pas partir. Si tu te caches bien, il ne te retrouvera pas. Tu pourrais même quitter la ville avant qu'il s'en aperçoive. Par exemple, en lui disant que tu vas voir ta grand-mère à l'hôpital, tu vois ? Il faut juste avoir un peu de ressources !

Makoto a un léger sourire pour le jeune homme tout en glissant ses longs doigts dans les mèches sombres composant sa chevelure.

MAKOTO La liberté et la fierté de n'appartenir à personne ne t'appelle donc pas, Hayate ?

Ce disant, Makoto se lève, mains dans les poches, faisant un petit pas vers le jeune homme, le regard bien appuyé sur lui.


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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Lun 20 Fév - 11:46


Makoto déclara qu'il ne ferait rien à mon Maître et j'en fus relativement soulagé. Je ne voulais pas qu'il eût encore des ennuis à cause de moi... Je n'aimais pas quand il se mettait en colère et qu'il m'en voulais, même si après il s'excusait et revenait vers moi.

Je prêtai davantage attention aux questions suivantes de mon interlocuteur. Pourquoi me demandait-il ça ? Je n'avais pas réellement envie de lui répondre, parler de ce genre de choses ne me mettaient jamais très à l'aise car au bout, mes sentiments se mélangeaient et je ne savais plus trop vers où me diriger.

Je demeurai sur place, songeant ardemment à ce que je pourrais répondre à la créature de la nuit qui revenait doucement vers moi. Son regard me transperçait littéralement sur place alors je me dis qu'il était vraiment temps que je parle de nouveau.

« Je peux pas partir, c'est quelque chose que je peux pas expliquer, dis-je, la relation qu'y a entre lui et moi c'est très fort. Et il ne me menace pas du tout, continuai-je, c'est au-delà de ça. En fait... j'ai absolument besoin de mon Maître, vous comprenez ? »

J'avais l'impression de mal m'exprimer, de dire les choses de façon maladroite, car moi-même je ne pouvais pas réellement expliquer ce que je ressentais. C'était une relation étrange que j'entretenais avec mon Maître et j'avais besoin de lui. Je dépendais entièrement de ce vampire, c'était comme une sorte... d'addiction. comme un junkie a besoin de sa drogue quotidienne, j'avais besoin d'être avec mon Maître.

A bien chercher, je dirais que j'étais heureux de lui donner mon sang, chaque jour. J'avais l'impression d'être important, au moins pour une personne et je me sentais vivant, d'une certaine manière. Et puis, même je lui donnais quelque chose, en retour il m'en offrait des milliers. Je ne savais trop quoi en penser et ce que je me disais souvent, c'était juste que c'était étrange, à la limite du naturel. C'était comme ça et pas autrement.

La liberté ? Concrètement, quelle est la définition de ce mot ? Ne pas être sous l'autorité, sous la dépendance de quelqu'un ? Oui, vu comme ça, j'avais déjà lu cette définition dans le dictionnaire ou bien en faisant des recherches sur le net, mais... je ne pouvais pas (encore) y accéder, même si parfois je me demandais réellement ce à quoi ça ressemblait.

Une fois, j'avais posé la question à l'un de mes amis : « est-ce que tu es libre ? », il m'avait regardé interloqué et sa réponse fut simple : « personne n'est libre de quoi que ce soit. ». Je n'étais pas allé chercher plus loin, mais je n'ai jamais compris ce qu'il entendait par là.

Je reportai finalement mon attention vers mon interlocuteur avant de reprendre la parole :

« J'ai jamais connu ça, la liberté, mais j'en ai pas envie... »

Mais j'avais tort, au plus profond de mon âme, je savais que je désirais cette liberté. N'être redevable qu'à personne d'autre excepté soi-même, ne plier sous aucun ordre, sous aucune volonté... Donc je m'avouais tout seul que oui, quelque part, j'étais contraint de nourrir mon Maître. Mais, une obligation qui ne me dérangeait pas plus que ça.

Mon visage connut à cette pensée, une moue sceptique. Étais-je sous l'emprise de mon Maître, une emprise dont j'étais totalement dépendant, contre ou bien de mon plein gré ? Je me sentais complètement perdu. Je ne savais pas si Makoto lisait tout ça en moi et j'espérais sincèrement que ce n'était pas le cas. Il était parvenu à mettre mes sentiments et pensées dans tous les sens.

Je secouai la tête et soupirer doucement ; penser à autre chose serait certainement la meilleure des choses à faire. Et puis je devais me détendre aussi, ça m'aiderait sans aucun doute à ne pas me mélanger les pinceaux.

Je lançai un large sourire à mon interlocuteur avant de lui poser une question que je n'avais encore jamais posé à un vampire, mais qui me brûlait les lèvres presque à chaque rencontre avec l'un d'eux.

« Est-ce que vous mangez des bonbons ? Je sais c'est idiot de vous demander ça, mais... vous pouvez attraper des caries vous aussi je pense, alors comment vous faîtes pour aller au dentiste ? »

C'était même plus idiot comme question, ça frisait le ridicule, mais pourtant ça me faisait sourire de toutes mes dents (en bonne santé). J'espérais que Makoto ne prenne pas mal cette interrogation... c'était tombé sur lui, comme cela aurait pu tomber sur n'importe qui d'autre en fait. Et puis, parler de sucreries avait le don de ne plus me faire songer à toute cette histoire avec mon Maître, alors c'était une bonne chose.


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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Lun 5 Mar - 5:51


HAYATE Je peux pas partir, c'est quelque chose que je peux pas expliquer, la relation qu'y a entre lui et moi c'est très fort. Et il ne me menace pas du tout, c'est au-delà de ça. En fait... j'ai absolument besoin de mon Maître, vous comprenez ?

Makoto a un petit moment de silence ponctué seulement d'un soupir un peu perdu. Il plonge son regard fauve dans celui plus ou moins fuyant d'Hayate pendant cet instant... et finalement, il ne peut que secouer la tête de gauche à droite. Non, il ne pouvait pas comprendre. Lui-même aspirait à une liberté que son état de vampire lui interdisait d'avoir, lui semblait-il. Alors vivre carrément aux crochets d'un être qui prend constamment sans réellement donner par la suite ? Non... Makoto ne pourrait décidément pas vivre ainsi et finalement, c'était tant mieux comme ça. Il ne pouvait faire autrement que d'avoir un peu pitié de ce jeune homme qui, au-delà de sa répugnance à prendre les clés de sa liberté, semblait tout avoir pour lui.

Et le voilà qui renchérit en assurant qu'il se fichait de connaître ou non la liberté. Ou, plus justement, qu'il ne le désirait pas. Makoto arque les sourcils, dubitatif. Est-ce juste lui qui imaginait ce qu'il voulait ou bien les paroles du jeune homme sonnaient un peu faux... ? Aucune idée, mais il n'allait pas s'aventurer davantage sur ce terrain glissant, mis à part pour ajouter rapidement quelques mots, histoire de ne pas rester complètement muet sur le sujet.

MAKOTO C'est ton choix. Mais tu sais ce qu'un jour un vieil homme m'a dit en Chine... ? Lorsqu'un homme a tout perdu, au moins peut-il se raccrocher à la liberté. Alors lorsque tu auras tout perdu, à quoi est-ce que tu vas pouvoir te raccrocher, dis-moi ?

C'était une question purement rhétorique : Makoto n'attendait pas nécessairement de réponse allant de pair avec celle-ci. C'était seulement... pour faire réfléchir le petit humain ? Peut-être bien. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas son boulot de lui inculquer ses valeurs, aussi préfère-t-il ne pas s'attarder sur le sujet. De toute façon, le voilà qui rouvre la bouche, effectuant lui-même ce précaire changement de sujet d'une manière fort... inattendue...

HAYATE Est-ce que vous mangez des bonbons ? Je sais c'est idiot de vous demander ça, mais... vous pouvez attraper des caries vous aussi je pense, alors comment vous faîtes pour aller au dentiste ?

La Bête du Xiang arque un sourcil, confus. Okay... On eût dit que le pauvre garçon n'habitait même pas avec un vampire, de fait ! Makoto roule les yeux tout en glissant ses mains légèrement noueuses dans les poches de son jeans. Sous ce mouvement, la chaîne attachée à sa ceinture tinte dans le silence uniquement troublé par le bruit des voitures au loin... et soudainement, celui d'une ambulance qui se rendait en quatrième vitesse à l'hôpital juste derrière eux. Makoto a un petit regard pour la scène, un peu intéressé car déjà, alors que les portes sont ouvertes, probablement, il peut sentir l'odeur du sang. Il avait vraiment... vraiment faim. Il devait se tirer d'ici.

MAKOTO Rien d'autre que le sang n'a de saveur pour nous, petit idiot. Tu dois forcément le savoir. Alors je ne vois pas pourquoi je ferais exprès de m'enfiler des bonbons insipides...

Le ton est néanmoins loin d'être méprisant et la petite insulte est plutôt dite sur un ton bon enfant. Un sourire glisse d'ailleurs sur les lèvres de Makoto... avant qu'il ne reprenne son air sérieux fronçant légèrement les sourcils. La faim... Son regard se pose à nouveau sur la jugulaire du jeune homme.

MAKOTO File.

Cette fois, la voix de Makoto a des inflexions impératives. C'était un ordre pur et dur... et pas parce qu'il avait envie de lui ordonner quoi que ce soit. Mais bientôt, il avait peur que la Bête reprenne le dessus. Et forcément, lorsque ça arrivait, il ne répondait plus vraiment de ses actions. De fait, pour insister sur ses paroles, il a un geste vers la sortie de la ruelle, se dirigeant lui-même vers un mur pour laisser Hayate passer.

MAKOTO J'ai faim et l'odeur du sang d'un homme ou d'une femme blessé vient de me parvenir avec force. Dans quelques minutes, j'oublierai que tu appartiens à quelqu'un. Alors file... Et...

Il marque un moment d'hésitation avant de finalement glisser sa main dans sa poche. Il en sort une pièce de monnaie chinoise, ronde de contour, mais avec un carré découpé à l'intérieur. Il la lance à Hayate, doucement pour que le jeune homme puisse la réceptionner.

MAKOTO Et essaie de te souvenir que lorsqu'un homme perd tout, il peut encore se raccrocher à sa liberté...

Moralisateur ? Il essayait de ne pas l'être, mais c'était difficile de voir Hayate jeter sa vie dans les oubliettes pour un vampire probablement égoïste, voire pervers et sans pitié...


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MessageSujet: Re: Taking over the Beast feat. Izumi Hayate   Dim 18 Mar - 19:37


Je demeurai silencieux à la question de mon interlocuteur, non pas parce que je ne voulais pas lui répondre, mais plutôt parce que je ne savais pas quoi lui répondre. J'ignorais totalement la réponse à cette question, que me restera-t-il lorsque j'aurais tout perdu... ? Rien, ou sans doute pas grand-chose, simplement mes yeux pour pleurer ma détresse.

En l'entendant répondre à ma question, je me rendis pleinement compte que celle-ci avait été vraiment très idiote de ma part, mais je pus toutefois remarquer un léger sourire se dessiner au coin des lèvres de Makoto. Il me faisait un peu moins peur ainsi, même si je sentais toujours mes jambes doucement trembler sous mon jean.

Je me grattai le derrière de la tête et le regardait d'un air gêné, avant qu'il ne prononçât une nouvelle parole. Et, à cet instant-là, je compris immédiatement que ce serait beaucoup pour moi de rentrer rapidement à mon appartement, avant de finir, comme certainement sa très prochaine victime. Ce dont je n'avais pas réellement envie, pour tout avouer.

Je vis la créature de la nuit me faire un signe afin que je m'en aille. J'avançai donc progressivement vers la sortie de cette ruelle sombre, quand même un peu méfiant de ce qu'il pourrait peut-être m'arriver, et j'attrapai au vol ce que m'envoya mon vis-à-vis.

Je levai un peu l'objet vers la lumière émanant de la lune pour voir qu'il s'agissait d'une pièce de monnaie, mais pas japonaise. Elle devait peut-être chinoise, au vue des paroles qu'avait prononcées Makoto quelques minutes auparavant.

Mon visage se reporta vers l'homme non loin de moi.

« Merci... » dis-je simplement plutôt perturbé par ce qu'il venait d'ajouter, mais également par ce "cadeau" qu'il m'offrait-là.

Je tournai un moment la pièce dans mes mains, la regardant sur ces deux côtés. Je la trouvais plutôt jolie, je la conserverai précieusement. Mais pour l'heure, il était temps que je parte, je sentais la tension revenue, le vampire devait se nourrir et je ne devais pas rester dans les parages plus longtemps.

« Au revoir, Makoto ! » m'exclamai-je en faisant un signe de la main à mon vis-à-vis.

Et il ne me fallut pas plus de deux secondes pour partir en courant. Je détalai comme un lapin dans les rues de la ville, à cette heure avancée de la nuit, il n'y avait pas de transports qui me ramèneraient jusqu'à chez moi et comme il n'était pas non plus très conseillé de traîner si tard, je me hâtai.

Mes yeux voulaient se fermer, mais je me dis que dormir par terre ce n'était pas une très bonne idée. Je baillai plusieurs fois à m'en décrocher la mâchoire, et je pensais à une excuse que je pourrais inventer pour mon Maître, car il s'apercevait de tout ce qui n'allait pas chez moi. Mais je ne savais pas encore quoi lui dire... J'y réfléchirai plus tard, quand j'aurais un peu dormi.

En une bonne demi-heure, je parvins à mon appartement, montai les marches quatre à quatre et manquai de m'étaler deux ou trois fois. Je verrouillai la porte derrière moi et je ne perdis pas une minute pour me glisser dans mon lit. Il était glacé, j'en eus un frisson.

Je tenais toujours la pièce chinoise dans ma main, je ne l'avais pas lâchée depuis que Makoto me l'avait envoyée. Je soupirai légèrement puis la posai sur ma table de chevet, j'avais besoin de repos, de beaucoup de repos. Ma dernière pensée se dirigea vers ma grand-mère allongée dans son lit d'hôpital... puis je m'endormi.


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Taking over the Beast feat. Izumi Hayate

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