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| | Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô] | |
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☩ Goulaminator ! ☩ Âge: 122 ans, mais il prétend en avoir 28 Allégeance: Personne Messages: 113 Pseudo: Black Noodle Avatar: Ishii Shuuji [cali≠gari]
| Sujet: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô] Mar 24 Jan - 0:56 | |
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10 octobre 2011 - 01:20 À l'avant du sanctuaire de Yasukuni
Au-dessous de l’immense torii qui faisait face au sanctuaire de Yasukuni, se dessinait une silhouette fine et longue, toute vêtue de noir. Il n’y avait personne d’autre. L’endroit était calme et vide. Tsukio pensait que c’était ici l’un des meilleurs endroits pour se ressourcer, il s’y sentait serein. Il était debout, dos au sanctuaire. Devant lui il pouvait observer un grand immeuble, et un sourire se dessina en coin sur ses lèvres minces tandis qu’il pensait au contraste que cette vision donnait. Comme il fut rapidement lasse de ce bâtiment carré, sans forme et sans esthétique, il se retourna doucement vers le sanctuaire. Cette fois-ci, son visage se durcit un peu. Ce lieu honorait la mémoire de militaires japonais qui avaient perdu la vie pendant différentes guerres. Il y avait parmi celles-ci la guerre sino-japonaise, ce qui rappela à Tsukio feu l’existence de sa mère adoptive, Aiko. Son époux y était décédé. Elle aussi était morte, mais à cause du jeune vampire. C’était il y a environ quatre vingt dix ans. Il ne le regrettait pas. En aucun cas il n’avait éprouvé le moindre remord pour son crime. Cette femme qui l’avait aimé et choyé l’avait aussi étouffé au point de gâcher sa vie, il le lui avait fait payer en supprimant la sienne. Il se souvenait encore des yeux exorbités de cette pauvre femme au moment où il l’avait saisie par la gorge, la peur et l’incompréhension ancrées sur son visage de paysanne. S’il avait pu tuer aussi facilement Akira, le vampire qui l’avait engendré, Tsukio l’aurait forcément fait, seulement la force de cet homme était supérieure à la sienne et il n’y avait aucun doute sur le fait qu’en tant « qu’apprenti », il aurait échoué. Tous ces vieux souvenirs l’ennuyaient, parfois il aurait aimé pouvoir les faire disparaître d’un seul coup. L’américano-japonais secoua la tête comme pour chasser ces pensées déplaisantes, puis il s’avança vers le sanctuaire. Son ombre derrière lui semblait le suivre à la trace.
Cela faisait deux jours qu’il ne s’était pas nourri. Il avait faim, et son corps avait déjà commencé à refroidir. Si un être humain le touchait et remarquait sa froideur, il craignait qu’on le soupçonne de quoi que ce soit. De toute façon, ce n’était même pas humain d’être aussi froid. Il savait que des chasseurs rodaient dans la capitale, il était risqué de se vendre en se laissant dessécher. Ce soir, puisqu’il ne travaillait pas, Tsukio avait décidé de faire le tour de quelques quartiers en espérant trouver un animal errant à se mettre sous la dent. Il y avait quelques rongeurs sauvages qui gambadaient ici et là, mais il n’y touchait jamais. Curieusement, il vouait de l’affection à ces petites créatures. Peut-être étaient-ce leurs grandes dents qu’elles avaient en commun avec lui, bien que les siennes n’étaient en réalité pas longues. Ou bien était-ce leur apparence si fragile et adorable à la fois qui le séduisait. Il avait depuis un moment songé à s’acheter un animal de compagnie, un rongeur nécessairement, mais pour un être qui ne pouvait pas vivre le jour, ce n’était pas évident de se rendre dans une animalerie, alors il avait laissé tomber l’affaire. Pourtant, il en rêvait.
D’un pas lent, et silencieusement, Tsukio s’approcha du sanctuaire. Il trouvait ce bâtiment magnifique. Il s’arrêta à un mètre de celui-ci et dressa son visage tout maigre en l’air, pour en observer sa beauté. La lune se dessinait juste au-dessus du toit, on aurait presque dit qu’elle se reposait dessus. Ses faibles lueurs éclairaient timidement le jeune vampire. Il était en pleine contemplation quand il perçut les couinements d’une souris en panique. Les yeux bridés du garçon parcoururent le sol pour la trouver, et il la remarqua enfin en train de galoper dans tous les sens. Juste derrière elle, un chat noir la contemplait de ses grandes mirettes qui brillaient dans la nuit. Sa queue en l’air qui se balançait et ses pattes avant repliées, le félin s’apprêtait à bondir sur sa victime. En l’espace d’une seconde, il l’avait saisie entre ses crocs et commençait à jouer avec. Le pauvre rongeur s’égosillait tandis qu’il agonisait. Le chat ne prêtait aucune attention à Tsukio qui, immobile, l’observa finalement dévorer la souris. Il avait pitié pour elle, mais qu’aurait-il pu faire? C’était après tout les dures lois de la chaîne alimentaire et de la sélection naturelle. Tout du moins, une fois que l’animal eut terminé son joyeux festin, il devint à son tour une cible. Le vampire, qui n’était qu’un autre prédateur affamé, se lança à toute vitesse vers le chat qui, prit de peur, chercha à fuir. Tsukio fut plus rapide et il attrapa brusquement la queue dont les poils noirs s’étaient dressés. La bête se retourna pour se défendre et griffa le garçon en plein visage qui poussa un cri en lâchant prise. Cette attaque fut vaine, le vampire avait trop faim pour se laisser abattre, et il revint à la charge, poursuivant sa proie le long du sanctuaire. Celle-ci courait très vite et il peinait à la rattraper. Ce ne fut qu’au bout de plusieurs mètres qu’il réussit enfin à l’atteindre. Cette fois-ci, ses mains maigres empoignèrent les pattes arrière du chat qui poussa un terrible miaulement de douleur. Tsukio avait senti sous ses doigts un os craquer. Il lui avait en effet cassé la patte dans son geste violent. Sa victime, blessée, ne put fuir plus longtemps, et il s’en saisit donc facilement. Un sourire aux lèvres, fier d’avoir remporté la bataille, le vampire attrapa dans sa main gauche les pattes avant, et dans sa main droite les pattes arrières pour soulever l’animal, comme un cochon pendu à un bout de bois, prêt à être mit sur le feu. Il se mit à rire sadiquement.
« Et bah, j’aurais jamais vu aussi coriace! »
Le chat se débattait en vain en miaulant tout fort. Le visage de Tsukio était recouvert de griffures dont certaines saignaient légèrement. Heureusement qu’il se régénérait assez rapidement, il aurait été dommage qu’il ne soit pas présentable pour ses prochaines représentations sur scène. Dès qu’il aurait sucé tout le sang de cette pauvre bête, il n’aurait plus que de brèves traces sur sa peau. Personne ne les remarquerait.
Manger debout n’était pas une position des plus confortables pour Tsukio, et il se laissa délicatement tomber à genoux afin de poser le chat par terre tout en tenant fermement ses pattes. Ses canines se rapprochèrent du cou de l’animal et vinrent effleurer ces poils qu’il trouvait toujours si désagréable à la bouche. À chaque fois, de petites touffes venaient se coller à ses lèvres ou à ses dents, ce qui avait le don de l’irriter. C’était comme avoir un cheveu sur la langue, qu’on peine à retirer car étrangement il semble s’accrocher à nos papilles.
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☩ Concombre Volant ☩ Âge: Il semble avoir 27 ans, mais en fait, il a près de 125 ans. Allégeance: Sensui... Messages: 2305 Pseudo: Kurika Avatar: Tatsurô {MUCC} Gouttes de Sang: 117
| Sujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô] Dim 12 Fév - 5:22 | |
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Un long frisson traverse la silhouette sombre postée contre le mur d'un des temples du sanctuaire Yasukuni. Si seulement un vent frais avait accompagné ce mouvement presque trop humain pour appartenir à un mi-mort... Mais, non. La soirée était chaude. Quoi qu'il en fut, Seijûrô ressentait lui-même la froideur de sa peau, lui semblait-il. Rien n'aurait pu le réchauffer, même pas l'atmosphère agréable de cette soirée d'octobre. Agréable pour lui, naturellement. Nul doute qu'un humain, faible créature, aurait frissonné à juste titre s'il n'avait pas porté au moins une veste légère pour couvrir l'épiderme fragile de ses bras. Mais pas un vampire... et pourtant, celui là avait froid. Ce n'était pas sans bonne raison, bien que celle-ci ne soit plus apparente. Car si Seijûrô était très fort pour son âge, il lui restait encore à apprendre la guérison vampirique...
Ce n'était assurément pas gagné d'avance... et il en était fort conscient. Sensui probablement plus que lui, car lorsque le sujet venait sur le tapis entre eux, ça déraillait rapidement... et généralement, la conversation n'était pas dans le bon ton pour Runa, sa très chère compagne nocturne sur quatre pattes. Celle-ci, à lécher une plaie, savait la guérir entièrement et avait rendu Seijûrô très paresseux sur le sujet. Il en était conscient, bien qu'il ne soit pas prêt à l'admettre à qui que ce soit, fierté masculine oblige ! Ainsi donc, si cette main était posée sur ses côtes, c'est que quelques jours plus tôt, il avait eu droit à une blessure que Runa ne pouvait guérir... et ça avait été là l'intention de Sensui lorsqu'il l'avait blessé, c'est clair. Des côtes cassées... et le voilà partit pour plusieurs jours de vache maigre, à tenter de se régénérer sans avoir grand chose à se mettre sous la dent, se traînant comme un vulgaire chien de ruelle...
Ces jours-là étaient terminés. Néanmoins, le repas du soir allait être déterminant pour retrouver complètement toutes ses forces. Et de fait, alors que Seijûrô aperçoit un jeune prête bouddhiste qui sort tout juste d'un des temples, il glisse lentement sa langue contre ses lèvres, affamé. Il lui semblait soudainement que la douce brise tiède de cette soirée d'automne transporte le parfum exquis de son futur repas. De fait, Seijûrô n'attend pas plus longtemps. Il s'élance avec agilité, bondissant tel le félin qu'il devait sûrement être dans une autre vie sur le jeune prêtre, toutes dents sorties. Une de ses mains se pose vivement sur le torse de l'homme, histoire de le forcer à appuyer fortement son dos contre lui. Son autre saisit sa tête, histoire d'avoir un meilleur accès à son cou... et que le festin commence.
Juste avant de mordre, appréciant tout autant le moment de boire que celui de la petite victoire qu'une traque même facile amenait, Seijûrô murmure à l'oreille de l'homme effrayé qui se débat en vain :
SEIJÛRÔ ▬ Laisse-moi te faire goûter pendant quelques secondes ce à quoi tu as renoncé...
Sans plus une seconde d'attente, ne pouvant plus se contenter de seulement goûter la peur de l'humain, Seijûrô enfonce ses crocs pour rencontrer la jugulaire tant attendue. D'une façon nette, précise... Il avait eu un bon professeur. Ce sang n'est certes pas le meilleur qu'il ait goûté de son existence, celui-là appartenant à un être qui était tout sauf une proie pour lui, mais se classait assez haut, à sa plus grande joie. Si le prêtre se débattait tout d'abord comme un forcené, n'ayant au moins pas la chance de pratiquer les arts martiaux, visiblement, à présent, il laissait plutôt échapper un petit gémissement qui traînait en longueur, son corps se détendant complètement entre les bras puissants et pourtant fins de Seijûrô. L'effet aphrodisiaque de la morsure se faisait sentir... jusqu'à ce que soudainement, la vie quitte le corps de l'homme.
Et sans plus de considération, Seijûrô le relâche. La masse lourde de ce poids mort s'effondre sans manières au sol, dans un bruit mat fort caractéristique. Mais déjà, les sens de Sei' ne sont plus du tout tournés vers lui... Car quelque chose s'est fait entendre. Quelque chose d'inquiétant... Un miaulement. Celui de Runa, c'était clair comme de l'eau de roche à ses oreilles. Et elle avait des problèmes... Si son coeur avait encore pu être agité dans sa poitrine, il aurait eu des battements fous, présentement. Seijûrô s'élance vivement vers la source du bruit de lutte, son regard noir prenant quelques teintes d'un rouge violent alors que déjà, il est tous crocs sortis. Il n'est qu'à quelques mètres de la scène lorsque soudainement, le bruit d'un os cassé lui parvient... et lorsque le vampire, ce sale charognard indigne à sa race, s'accroupit au sol pour boire le sang de sa petite Runa, Seijûrô fond dessus en crachant à la manière de sa chatte quelques secondes plus tôt.
Il fait chuter le vampire, Runa en profitant pour s'échapper. Clopin-clopant, effrayée, la chatte s'éloigne vers un des temples, non sans jeter quelques regards inquiets à son maître. Mais Seijûrô n'a d'yeux que pour cet être immonde sous lui... Violemment, il l'agrippe par le col de son blouson, l'attirant vers lui avant de donner une bonne poussée vers le bas, histoire que sa tête entre brusquement en collision avec le sol. Rageur, Seijûrô crache une nouvelle fois d'une façon on ne peut plus féline.
SEIJÛRÔ ▬ Toi, tu ne sembles pas être la chose la plus coriace que j'ai réduit en bouilli jusqu'à maintenant, malheureusement pour toi !
En effet, le vampire n'était pas dans le même état que lui déjà à la base... Sa peau très froide en était la preuve. Sei', quant à lui, venait de faire un très bon repas... ça n'avait rien à voir. Aussi n'est-il pas trop effrayé de relâcher. De toute façon, ce n'est que pour mieux saisir un de ses bras, forçant la frêle mais haute silhouette à se retourner face contre le sol. D'un mouvement sec, ce même bras est replié vers le haut du dos de l'individu, chose à ne pas faire... et de fait, un craquement sinistre se fait entendre. Oeil pour oeil... Seijûrô se relève, laissant l'immonde chose au sol, crachant une nouvelle fois entre ses crocs, son regard de braise ne quittant pas l'autre une seule seconde.
SEIJÛRÔ ▬ Cannibale !! Charogne !! Immondice !!
Ce vampire n'en était pas un ! Un végétarien... ce qu'on appelait végétarien, du moins, car pour Seijûrô, ce n'était même pas un vampire. Ce que Sensui dirait s'il voyait ça !!
SEIJÛRÔ ▬ Cette chatte est la mienne ! Et je me demande encore pourquoi tu es toujours en vie, saleté ! Je devrais te réduire en cendre pour avoir osé porter la main sur Runa !! Te couper les doigts... te les faire avaler, charogne !!
Lentement, d'une démarche on ne peut plus féline, Seijûrô commence à tourner autour de sa proie acculée, glissant sa langue tout contre ses crocs toujours apparents. Comment avait-il pu oser porter la main sur Runa ?! Sa petite Runa adorée... !! Seijûrô était dans une fureur innommable !!
SEIJÛRÔ ▬ Relève-toi ! Bat-toi ! La victoire n'en sera que meilleure...
| Hors Jeu: | | | Désolée pour la trop longue attente >< Ça n'arrivera plus è_é Hm... j'espère que ça t'ira. Seijûrô apparait un peu comme un Superman mais j'ai juste utilisé le fait qu'il vient tout juste de manger et Tsukio pas du tout depuis deux jours =) |
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Sayonara
À l'abri des regards indiscrets, seuls dans le noir ; tu n'as étrangement pas peur. Je t'aime ; un amour aussi secret qu'interdit. Mais, il y a quelque chose de brisé en toi à présent. Est-ce moi qui t'ai brisé ? Alors, lorsque que le soleil de l'après-midi illuminera tes yeux, je partirai pour le clair de lune... seul. Sayonara, my love. |
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| Sujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô] Jeu 15 Mar - 15:09 | |
| La famine et l’instinct de survie étaient capables de pousser n’importe quel être à endurer l’insupportable. Tsukio ne prenait plus de plaisir à tuer depuis des années, cela était même parfois difficile pour lui, et pourtant il continuait de le faire de crainte de mourir. Lui qui se considérait comme maudit en tant que vampire s’obstinait de manière contradictoire à demeurer en tant que tel. Certes il ne sacrifiait dorénavant plus de vies humaines mais des vies animales parce que cela lui semblait plus facile à supporter, toutefois il lui arrivait de temps à autres d’éprouver de la pitié pour ses victimes. Il « dévorait » de préférence des animaux errants lorsqu’ils lui tombaient sous la dent, se persuadant que, n’ayant aucun propriétaire, il ne causerait de peine à personne. Mais quand la faim se manifestait si puissamment qu’il devenait trop froid et trop faible, Tsukio finissait par choisir n’importe quelle bête. Ce qui était arrivé ce soir, c’était ce cas second. Le vampire était terriblement affamé, il avait donc suffit que la pauvre chatte noire se présente à lui pour qu’il décide d’en faire son festin. Quand il s’en était d’ailleurs saisi, son esprit était si occupé par la pensée d’assouvir sa faim qu’il ne perçut que trop tard la grande silhouette qui se jetait sur lui en crachant comme un félin...
La silhouette en question s’avérait être un autre vampire. Sa force et sa vivacité n’étaient pas humaines, et elles étaient d’ailleurs si puissantes que Tsukio n’eut pas le temps de réagir contre son attaque. Il se débattit comme un ver sur un hameçon, mais sa faiblesse physique due à son manque de sang l’empêcha de vraiment lutter contre son agresseur qui, l’attrapant par le col, fit percuter sa tête contre le sol. Le choc fut si douloureux qu’il arracha d’entre les lèvres presque décolorées de la créature affamée un terrible cri. Ses mains rachitiques se saisirent de celles de l’autre vampire et il les serra le plus fort possible dans l’espoir de les retirer et de se libérer, en vain. On le retournait déjà pour lui casser le bras. Les gémissements qu’il poussait pour manifester sa souffrance se mêlèrent aux insultes que l’immense silhouette proférait, abandonnant bientôt sa victime pour lui tourner autour et l’observer geindre de douleur. Tsukio continuait de gesticuler par terre tel un misérable asticot, sans pour autant pouvoir se relever. Il était trop faible. Il émit quelques plaintes en essayant de bouger son bras cassé qui certes restait inerte, puis il répondit aux menaces de son interlocuteur, avec agressivité :
« Je ne peux pas me battre, je crève de faim! »
Il n’y avait rien de juste dans ce combat, l’un des adversaires possédait bien trop de handicap comparé à l’autre. Comment ce lâche pouvait-il lui demander de se relever et de se battre alors qu’il venait de lui briser un bras et de lui cogner la tête? Tsukio cracha aux pieds du vampire avant d’ajouter :
« Tu n’es qu’un lâche pour vouloir te battre avec un vampire affamé! Va te faire voir! »
Inutile de préciser que la fierté de Tsukio passait avant tout, à un point où il jouait maintenant avec le feu. Si ce type l’avait déjà salement amoché, il ne se priverait certainement pas d’en rajouter une nouvelle couche face à quelques insultes. Certes, se battre avec un vampire dans l’intérêt de le tuer n’était pas tâche facile – sauf avec un matériel adéquat que son adversaire ne semblait pas posséder –, de fait l’américano-japonais ne craignait pas grand-chose mis à part la douleur. Il ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds et se rabaisser aussi facilement par un inconnu. Quitte à finir dans un piteux état, il préférait lutter jusqu’au bout. Utilisant ses dernières forces, Tsukio redressa son buste avec peine. Il était incapable de totalement se relever et il resta donc assis par terre... mais cela ne l’empêcha pas d’attaquer son adversaire dont il se saisit brusquement de la jambe avec son bras qui n’était pas cassé, et il tira brusquement dessus pour lui faire perdre l’équilibre. L’immense ombre qui se dressait fièrement tomba à la renverse, mais il sembla se rattraper juste avant que sa tête n’atteigne le sol, et avant qu’il ne puisse attaquer à son tour, Tsukio lui mordit le mollet avec férocité. Ses petites canines traversèrent le tissu du pantalon de l’autre vampire, mais elles ne restèrent pas plus d’une seconde enfoncées dans la chair. Cet assaut avait de quoi provoquer son adversaire, il n’y avait rien de plaisant à se faire mordre par « une charogne ».
Tsukio, après avoir mordu le vampire, se redressa vivement sans savoir comment il avait fait. Aussitôt il recula de quelques pas en tenant son bras cassé contre lui. Il était en mauvaise posture, il était certain qu’il perdrait cette bataille, mais ça lui était égal. Il ne fallait simplement pas qu’il fuie et qu’il abandonne de la même façon toute sa fierté. Ses cheveux étaient dans tous les sens, autant que ses vêtements. Il était pathétique à voir. Même si la moindre menace était inutile au vu de la situation, il eut une réaction instinctive en plissant légèrement ses lèvres afin de dévoiler ses canines, poussant à la fois un étrange sifflement pour impressionner l’adversaire. Ses yeux parcouraient rapidement la silhouette de l’inconnu, cherchant à cerner quelle serait sa prochaine attaque ; s’il comptait lui donner un coup de poing ou un coup de pied, voire s’il allait de nouveau se jeter sur lui. Ce vampire était très grand, il l’était un peu plus que Tsukio mais de peu. Il était rare de rencontrer un japonais de cette taille, et ce n’était pas bon signe sur ce coup.
S’apprêtant à esquiver le moindre assaut, l’amérasien commença à tourner autour de son adversaire, certes très lentement. Il était inutile qu’il se remue dans tous les sens pour l’instant, il ne ferait que perdre le peu d’énergie qui lui restait. Il avait faim, terriblement faim. Et dire qu’au départ il n’avait eu que l’intention de se nourrir du sang de cette chatte qu’il avait croisée par hasard, et voilà que maintenant il se retrouvait à devoir combattre un vampire en pleine puissance. C’était définitivement une sale soirée. Lui qui travaillait demain soir, avec un bras cassé, il ne ressemblerait à rien.
[Désolé, cette réponse est vraiment misérable... T_T’ Si tu veux que j’y change quelque chose n’hésites pas à le signaler.]
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| Sujet: Re: Dear bluesy night [ft. Kuromiya Seijûrô] Jeu 26 Avr - 15:51 | |
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Un rire un brin cruel et froid s'élève d'entre les lèvres fines de Seijûrô alors que ce moins que rien qu'il ne pouvait qualifier de vampire s'insurge. Il était lâche car il s'attaquait à cet abrutit, mais ce dernier ne l'était pas en prenant pour cible une pauvre chatte sans défense ? Enfin... sans défense, façon de parler. On avait assurément vu moins coriace que Runa et Seijûrô était convaincu que la chatte ne s'était pas laissé attaquer sans donner du fil à retordre à son adversaire. D'ailleurs, on le voyait aux griffures et morsures que le vampire avait récolté. De ça, Sei' était fort fier, qu'on se le tienne pour dit ! Il n'avait pas un jour mordu Runa pour faire joli et forcément, c'est en partie son caractère qui l'avait attiré... Cette force même alors qu'elle était en train de succomber à ses blessures dans cette ruelle miteuse d'un Shizuoka entièrement différent, pas encore façonné par le siècle qui avait ensuite passé.
Mais alors qu'il se perd un peu dans ses pensées, cette distraction étant principalement alimentée par la crainte qu'il éprouvait à l'endroit de Runa, se demandant si elle aurait le bon réflexe d'essayer de se cacher près de Sensui. Il en doutait fortement... Mais même si les végétariens n'étaient pas chose fréquente, même qu'il n'en avait jamais vu avant cette soirée, merci de l'en avoir préservé aussi longtemps, il paranoïait un peu, soudainement. De fait, cette charogne a juste assez de temps pour lui faire perdre l'équilibre et le mouvement est si rapide qu'il n'a absolument pas le temps de le voir venir et de le contrer. Seijûrô ne tombe pas lourdement au sol, d'une façon même plutôt gracile. Mais le grognement et le feulement qui suivent sa chute ne le sont pour leur part pas du tout ! Sa rage se transforme d'ailleurs en quelque chose de beaucoup plus effrayant lorsque soudainement, il sent les dents fines du vampire s'inviter dans sa peau. Seijûrô a un haut-le-coeur tout en donnant un bon coup de cette jambe dans le vide. Vivement, il se relève, lançant un regard terriblement haineux à cette bête sans conscience.
Mordre un autre vampire sans autorisation était une abomination. On pouvait presque le comparer à un viol lorsqu'il était porté à une des artères principales. En fait, c'en était un. C'était certes moins pire ainsi, au mollet et surtout, en légitime défense... mais lui n'était pas homme à pardonner. Et présentement, la rage de Seijûrô était innommable. Elle brûlait vivement dans ses yeux, signe que celui-là devrait immédiatement arrêter d'en ajouter à son état. Il avait toujours eu trop d'honneur... Néanmoins, le vampire ne fait pour autant plus rien. Il se contente d'observer cette chose qui ne lui inspirait que du dégoût de part son végétarisme et ses actions ce soir à l'encontre de sa Runa et de lui-même.
SEIJÛRÔ ▬ Tu n'es même pas foutu de t'attaquer aux humains et c'est moi le lâche ?! Sais-tu au moins que tu étais en train de...
Seijûrô se tait. Qu'est-ce qui lui prenait ? Il avait faillit révéler l'état vampirique de Runa. Certes, il fallait être un peu con pour ne pas se douter de quoi que ce soit dans le milieu lorsqu'on fréquentait un minimum Sensui, mais Seijûrô et son mentor avaient toujours gardé plutôt secret l'état de la chatte, histoire de ne pas lui attirer d'ennuis. Et là, qu'est-ce qu'il faisait ? Rien qui ne l'encourageait à aimer davantage ce vampire ! En effet, Seijûrô était du genre à rejeter ses propres torts sur les autres. Des heures de plaisir en perspective s'il décidait de s'occuper du cas de celui-là ce soir, n'est-ce pas ? Mais ce n'était pas le cas... Parce que si ça l'était, forcément, Seijûrô aurait déjà attaqué une nouvelle fois. Néanmoins, il avait repris son pas lent autour de l'autre, son regard félin posé sur la silhouette maigre qui en faisait de même de son côté. Si des humains étaient passés dans le coin, ils auraient probablement eu l'impression de croiser des fous. Si ça avait été des vampires, néanmoins, ils auraient supposés qu'une grosse bataille était sur le point d'éclater. Mais non.
Seijûrô a un petit froncement de nez dédaigneux tout en continuant à observer ce vampire aux moeurs particulières.
SEIJÛRÔ ▬ Je ne suis pas lâche... Et t'attaquer pour sauver une compagne à laquelle je tiens énormément n'est pas lâche non plus. Néanmoins, tu n'as que ma parole... Je suis homme d'honneur. Je te laisserai donc la vie ce soir... Et t'affronterai la prochaine fois que nous nous voyons. Alors, aie fait un festin d'un peu plus que des tamias qui rôdent dans le coin cette nuit-là, conseil « d'ami »...
Et parlant des petites bêtes à fourrure rayée, Seijûrô a un grognement de dégoût. Quelle idée que d'abandonner le sang souvent très bon, parfois absolument divin des êtres humains ! Ce vampire avait-il pigé sa conscience bon marché dans une pochette surprise ?! Quoi qu'il en soit, Seijûrô ne semblait absolument pas décidé à partir. Ses yeux bien noirs étaient toujours posés sur l'individu qui avait faillit lui arracher Runa. S'il savait ce dont la chatte était capable !! Il y a un moment de battement avant que le vampire ne reprenne la parole, autoritaire.
SEIJÛRÔ ▬ Quel est ton nom et pourquoi te rabaisser à une telle existence ?! J'espère pour toi que tu t'en caches généralement mieux, car bientôt, tu seras la risée de cette ville et on te traquera pour le plaisir de le faire... Parce que c'est ce qu'on fait avec les bêtes de foire, ne crois-tu pas ?
Un sourire moqueur vient étirer les lèvres fines du sombre vampire alors qu'il s'arrête soudainement de tourner autour de cette proie mobile. Vraiment... on rencontrait n'importe quoi de nos jours. D'ailleurs, plus pour lui-même que pour son interlocuteur, Seijûrô murmure :
SEIJÛRÔ ▬ Plus personne n'a de respect pour la condition vampirique...
Et c'était tellement vrai !
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Sayonara
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